Ces miroirs sont assez répandus dans les Rivages d'Ebène. Rien ne semble les distinguer à priori des miroirs ordinaires : ils réfléchissent l'image de ceux qui s'y mirent, peuvent être brisés, etc. Toutefois, on remarque sur le cadre de bois des Miroirs des Âmes, si on les oberve de très près, de petits visages grimaçants - et, chose plus curieuse encore, ces visages semblent bouger lorsqu'on ne les regarde pas directement.
Les Miroirs des Âmes sont en fait des objets qui ont la capacité de voler l'âme de ceux qui s'y mirent trop souvent ; de plus, le miroir crée un phénomène d'accoutumance particulier, qui pousse le propriétaire du miroir à regarder sans cesse son reflet, dès qu'il le peut. Au bout d'un certain temps, l'âme de cette personne sera capturée par le miroir, qui en fera un Dibbouk. Une fois l'âme emprisonnée, un nouveau visage grimaçant, minuscule, apparaîtra sur le cadre du Miroir des Âmes.
Le Miroir laissera donc un corps sans âme, qui agira comme une personne somnambule et apathique tant qu'elle ne contiendra pas une nouvelle âme - la sienne, ou, le plus souvent, celle d'un autre Dibbouk...
Généralement, les possesseurs de tels objets (et qui le savent) les couvrent d'un drap - et c'est ce que font de nombreuses personnes, même avec les miroirs normaux (on ne sait jamais...). Cela est tout particulièrement vrai lorsqu'une personne décède : on couvre tous les miroirs, de peur que l'un d'eux ne retienne l'âme nouvellement libérée et en fasse un Dibbouk, le condamnant à une après-vie sinistre.
Carnets de voyage, [IV, Quinte Soldéol Sud 1211]
Extrait n°7 sur 10
Quelques mots pour le Conteur...
Et si... :
l'âme réintègre son corps d'origine, par un moyen quelconque ? Sera-t-elle toujours un Dibbouk, et agira-t-elle toujours comme telle ?
Et si... :
le miroir était brisé ? Nul doute que tous ses Dibbouks s'évaderaient et se mettraient à la recherche de corps d'emprunt...